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Pier chante son crime

En 1835

Un jeune paysan de Normandie, qui passe pour l’idiot du village, tue à coups de serpe sa mère, sa sœur et son frère, pour « libérer » son père des persécutions de sa femme.
Arrêté après un mois d’errance, Rivière rédige un mémoire dans lequel il raconte l’histoire de sa famille et les motifs de son geste.
Ce mémoire, récit extraordinaire digne d’un poème Dostoïevskien est tout sauf l’œuvre d’un fou. Loin d’amener une réponse significative aux doutes des juges, il les met face à une grande interrogation : qu’est-ce que la folie ? Très vite le cas Rivière dépasse les limites de l’acte sanguinaire.
Il devient un moment symptomatique dans le jeu de pouvoir qui se trame entre les juges et la médecine psychiatrique naissante. Dans cette partie de l’ouvrage, la figure du protagoniste finit par être reléguée au second plan. Coincé, d’un coté entre l’appareil judiciaire pénal qui projette l’ombre de la guillotine, et de l’autre l’isolement médical et l’ombre de l’asile, Pierre Rivière met fin à ses jours en se pendant dans sa cellule de la prison de Beaulieu.

En 1973

Michel Foucault avec ses collaborateurs du Collège de France a publié un texte intitulé Moi, Pierre Rivière ayant égorgé, ma mère, ma sœur et mon frère…
Recueil de documents parus dans Les annales d’hygiene publique et de medecine légale en 1836 concernant le cas Rivière.
Le dossier publié par Foucault contient un ensemble d’éléments :
Une série de rapports médicaux sur l’état de la santé mentale de Pierre Rivière qui semblent être contradictoires, soit au point de vue des conclusions, soit au point de vue des axes d’analyses.
Un ensemble d’actes judiciaires parmi lesquels les descriptions des témoins, tous habitants d’une petite commune de Normandie, interrogés sur la vie, le caractère, le comportement, la folie ou l’imbécillité de l’auteur du crime.
Des articles de journaux de l’époque relatant le crime.
Enfin et surtout un mémoire, rédigé par l’assassin lui-même, paysan âgé d’une vingtaine d’années qui prétendait savoir à peine lire et écrire.

En 2005

Pier, c’est toi Pier ?
Petit homme de la campagne, campagne âpre et féroce.
Campagne juge et jugée. Campagne assassine.
Pourquoi encore parler de lui ? Pourquoi ?
Parce que Pier c’est toi !
Pouvoir être Pier Rivière, encore seulement pour un jour, ce n’est absolument pas interdit.
Imaginer ta vie complètement transformée, seulement par un « petit geste ».
Comme si ton enfance portait en elle quelque chose de monstrueux.
Comme si la totalité de ton geste dérisoire se transformait en piraya assassin.

Comme une déclaration « d’amour » vient à se métamorphoser.
Comme si… comme si… comme si…
Et si véritablement, le temps d’une journée on essayait d’être Pier Rivière ?
Mon enfance s’est écoulée comme la vôtre, rien d’exceptionnel, rien d’extraordinaire.
Mon comportement pareil au vôtre.
Chaque jeu, un jeu innocent. Chaque parole, une parole innocente.
J’aime. Oui ! J’avais oublié cela. Sentiment pour moi normal, mais pour vous incroyable

Et que sommes-nous capables de faire pour lui ?
Voyager, voyager tellement loin que le but n’est rien d’autre que l’enfer.
Mais l’enfer est un endroit qui fait peur, mystérieux. Personne n’ose y pénétrer.
Je me retrouve seul. Abandonné, jugé.
Cela semble étrange, mais cette solitude que vous m’avez donnée m’a donné des ailes.
Rêver.
De douces mélodies m’accompagnèrent dans ce vol, mélodies familières, mélodies tellement présentes qu’il fallut les matérialiser. Mélodies qui m’ont accompagné au plus profond.
Mélodies tellement denses jusqu’à devenir connaissance.
Je n’ai pas peur. Non je n’ai plus peur
Liberté.
Unique force stimulante que je connaisse.
Liberté de voler dans cet infini incommensurable. Liberté de se dissoudre. Liberté de se détacher de tout. D’être comme la flamme de la bougie qui, nonobstant la comparaison avec la lumière de milliard d’étoiles, reste intacte parce qu’elle n’a jamais feint de n’être autre chose que ce qu’elle fût : juste une bougie.
La liberté est une aventure sans fin, dans laquelle nous risquons nos vies et plus encore pour quelques moments de quelque chose qui va au delà des paroles, des sentiments.
Et finalement, je chante, je chante, je chante…
…C’est par la vertu de l’amour que tout a été produit et l’amour est dans tout…
Il se manifeste comme force et vie dans les choses vivantes, et c’est de lui que les choses vivantes tirent force et vie et lui est la vigueur même des choses vivantes
L’amour réchauffe ce qui est froid, illumine ce qui est obscur, réveille ce qui est engourdi, vivifie ce qui est mort ; les soulevant avec une fureur divine, il fait en sorte que les choses inférieures demeurent par delà les astres, soutenues par l’amour les âmes se tiennent unies aux corps, guidées par lui elles se plongent dans la contemplation, poussées dans leur vol, elles s’unissent à Dieu…

Ecriture et mise en scène Massimo Dean
Création musicale et musique live Marco Brosolo
Création vidéo et images Kali&co
Jeu Eric Antoine
Voix Enregistrée Vincent Guédon
En coproduction avec l’Aire Libre
Avec le soutien du conseil régional de Bretagne

« Kali&co à travers les artistes qui la composent, pose comme objectif prioritaire l’univers théâtre — théâtre comme plaisir d’être sur le plateau et plaisir du jeu : la gourmandise des couleurs, des sons et des choix musicaux.

Kali&co reconnaît au sacré la capacité théâtrale de durer au-delà des idéologies plus récentes comme le fascisme ou le communisme.

Et en tant qu’hommes de théâtre, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur cela. Nous devons restituer le théâtre à Hercule et à ses travaux légendaires. Comme l’Ame de Platon, le théâtre a besoin de ses travaux pour se souvenir, pour restituer un corps ailé, sa propre fraîcheur d’origine ; la source moins domestique et plus sauvage.

L’écriture contemporaine est également essentielle pour Kali&co. L’association poursuivra par conséquent ses recherches en la matière. »

Massimo Dean

12 décembre 2017

Lecture du texte
« Un jour de pluie »
D’ascanio Celestini
Lycée Bréquigny-Rennes

24 et 25 novembre 2017

Gigot Love
Bukta Paktop
Bruxelles – Belgique

3 novembre 17 décembre 2017

Résidence de création
Projet Celestini – Tome 3
Lycée Bréquigny – Rennes

23 settembre 2017

Iliade.
Uno studio di eroi quasi invincibili
Arci Aur-Ora-Piccolo Teatro
Ora-Italia

7-8-9 juillet 2017

Gigot Love
Festival « Tombées de la nuit »
Rennes

02 juillet 2017

Gigot Love
Festival « Vent de Vilaine »
15h – Pont-Réan