Richard the third

Car en vérité, c’est la vie qui donne à la vie

Visuel introduction Richard the thirdLe présupposé de départ, selon lequel Richard III représente pour chacun d’entre nous, la cruauté même, se pose ici comme un défi.
Une fois encore le choix de la pièce se tourne vers un personnage complexe qui nous démontre ce qu’est l’action terrestre, en se chargeant d’une quête, celle qui consiste ici à devenir roi. Une ambition sociale qui suffirait à beaucoup mais qui ne constitue pas un but en soi pour qui demande beaucoup à la vie et aux autres comme Richard. Pour mettre en jeu la vie, le jeu doit être puissant.
La complexité de la relation que nous entretenons avec le personnage de Richard III s’explique en partie par notre avidité pour les sensations fortes qu’il se permet de vivre et que nous nous refusons à nous mêmes.
Sa générosité va l’amener à nous offrir toutes les possibilités de la violence que nous n’assumons pas, et l’occasion de cette auscultation va, par là-même nous permettre de les vivre par procuration.
La construction poétique du texte fait que Richard III est à la fois la preuve de l’ennui du monde, et rend possible une réaction face à ce constat.
Il y a des personnages qui ont cette curiosité et ce courage de se confronter aux forces de la vie, quand les autres ne savent que faire de l’Amour du monde.
Alors que si l’on avait moins peur de mourir, on aurait forcément plus envie de vivre !
Dans « Richard the third », plus Buckingham est l’ami de Richard, plus il se tue pour lui ; et plus Richard lui demande d’être son ami, plus il le tue. Ce qui nous touche, c’est justement cette « beauté » extrême…

une tragédie révélatrice des rapports humains

Il existe deux directions dans l’art théâtral traditionnel.

L’une issue de l’est de l’Europe et particulièrement du théâtre russe, qui de Stanislavski à Anatoli Vassiliev a développé une approche scénique basée sur la pédagogie et sur l’élaboration d’une « méthode » pour former les acteurs.

L’autre, la tradition occidentale, a promu une approche scénique plus formelle en privilégiant les expériences de « contamination » et l’utilisation des nouvelles technologies.
Avec Richard the third, nous continuons donc à rechercher de nouvelles formes d’expression, selon le principe suivant:

Le théâtre crée la vie de l’esprit,
laquelle trouve sa source dans l’énergie de l’acteur.
La mise en scène doit consister à placer l’acteur,
c’est-à-dire l’homme, au centre du processus de création.

En 2007, dans l’adaptation de Richard III que nous proposons quatre siècles environ après la rédaction de l’ouvrage, le thème central reste celui du rapport entre la tradition et le lendemain. Nous devons en définitive considérer Shakespeare comme le représentant d’un dialogue entre tradition de l’ancien testament et macrocosme du nouveau.

Cette œuvre dans laquelle Shakespeare a conçu la structure du monde entier, nécessite de ce fait la participation d’un groupe d’artistes internationaux, de manière à pouvoir exprimer le contenu interne et externe de l’œuvre.

Tel est le point de départ de notre recherche.
Au moment où nous mettons en actes la tragédie, l’homme ouvre les yeux sur le monde et en se posant des questions sur le monde, il perd la sérénité profonde et harmonieuse qu’il entretenait avec lui dans sa période non tragique. Alors il s’ouvre lui-même à une inquiétude qui ne trouve pas de satisfaction.

Le personnage: Richard, Duc de Gloucester, appelé aussi Richard III

Le diabolique et monstrueux Duc de Gloucester, en usurpant la succession de l’hériter du trône, s’empare de la couronne après avoir éliminé tous ses rivaux potentiels grâce à des intrigues frauduleuses et des manœuvres impitoyables, dont plusieurs furent assassines.
Shakespeare ajoute des traits originaux à ce personnage notamment la conscience de sa propre perversité morale, la volonté maléfique d’usurpateur, mais aussi la vocation histrionique de Richard.
La rapidité foudroyante avec laquelle Richard révèle les plans et les intrigues meurtrières aux spectateurs, émane de son violent désir de souveraineté mêlé à son étincelante et démoniaque intelligence. Faits avérés tant dans les monologues d’auto-analyse que dans les dialogues avec les autres personnes.
Dans les moments de répit de cette activité frénétique se déroulent des grandes scènes de séduction. Elles sont vécues avec les personnages de sa propre tragédie. Anne, la Duchesse d’York, Margaret, Elisabeth, Buckingham…
Oui, Buckingham. Le poète adore un homme qui ne peut pas le posséder, et il désire aussi une femme qui ne peut pas l’admirer.
La maturité ou la promptitude, particulièrement telle quelle se manifeste entre compagnons de souffrance liés par l’amour, représente un tout, qui s’il résiste, dérobe à la mort sa plus grande gloire. La fin est alors un triomphe, ce qu’il y a de mieux dans la condition humaine…
Ces femmes sont esclaves d’un désir malhonnête.
Mais, si d’un côté, elles représentent le rêve de l’amour possible, de l’autre côté, elle penche dangereusement vers la célébration d’un Eros qui ne peut inspirer qu’un mariage avec la mort.
Mais qui, à part Richard, peut-il les porter vers leur destin ?
Ces personnages ne connaissent pas eux-mêmes le sens de leurs propres actions.
Ces dites actions s’ouvrent chaque fois sans le résoudre sur le problème de la liberté et de la responsabilité, amenant ainsi les protagonistes à des résultats contraires à leurs projets initiaux.
Richard peut nous apparaître comme un fléau envoyé par le ciel ou l’enfer — un ange avec des cornes — pour punir les crimes perpétrés par les deux illustres familles en lutte pour la suprématie du pays.
Dans ce mouvement Richard se présente comme le « capitaine de Dieu ». Il surgit de nulle part pour libérer l’humanité du joug du tyran, pour lui restituer la paix et l’unité.

Massimo Dean

Dossier de presse

PDF - Dossier de presse

Librement inspiré de W. Shakespeare
Ecriture et direction d’acteurs : Massimo Dean
Création musicale et musique live : Marco Brosolo
Jeu : Inbal Yalon, Marion Coulon et Erik Gerken
Création sonore : Fabrice Tizon
Communication/diffusion : Florie Gilles
Coproduction : Théâtre de L’Aire Libre/Les Tombées de La Nuit.
Participation : Théâtre national de Bretagne/Soutien Conseil régional de Bretagne
Aide a la production : Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC de Bretagne

« Kali&co à travers les artistes qui la composent, pose comme objectif prioritaire l’univers théâtre — théâtre comme plaisir d’être sur le plateau et plaisir du jeu : la gourmandise des couleurs, des sons et des choix musicaux.

Kali&co reconnaît au sacré la capacité théâtrale de durer au-delà des idéologies plus récentes comme le fascisme ou le communisme.

Et en tant qu’hommes de théâtre, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur cela. Nous devons restituer le théâtre à Hercule et à ses travaux légendaires. Comme l’Ame de Platon, le théâtre a besoin de ses travaux pour se souvenir, pour restituer un corps ailé, sa propre fraîcheur d’origine ; la source moins domestique et plus sauvage.

L’écriture contemporaine est également essentielle pour Kali&co. L’association poursuivra par conséquent ses recherches en la matière. »

Massimo Dean

12 décembre 2017

Lecture du texte
« Un jour de pluie »
D’ascanio Celestini
Lycée Bréquigny-Rennes

24 et 25 novembre 2017

Gigot Love
Bukta Paktop
Bruxelles – Belgique

3 novembre 17 décembre 2017

Résidence de création
Projet Celestini – Tome 3
Lycée Bréquigny – Rennes

23 settembre 2017

Iliade.
Uno studio di eroi quasi invincibili
Arci Aur-Ora-Piccolo Teatro
Ora-Italia

7-8-9 juillet 2017

Gigot Love
Festival « Tombées de la nuit »
Rennes

02 juillet 2017

Gigot Love
Festival « Vent de Vilaine »
15h – Pont-Réan