Untitled, Nous sommes encore vivants !

Le projet

Venise naturellement.
Dans cette ville de marchands qui n’en finit pas de faire naufrage et qui a fondé sa richesse lointaine sur le trafic commercial.
Entouré de tant de beautés, on y sent plus qu’ailleurs, la mort et la disparition. On y vient pour célébrer l’amour ou pour venir mourir d’amour. On y respire ces paysages d’eau, d’air et de pierre comme pour conjurer le temps. On y vient encore pour croiser des revenants, converser avec des morts, traverser des ombres, marcher dans la lumière.
Un homme s’est installé avec bagages, dans un palais le long du grand canal. Un lieu déserté, une crypte.
Il arrive de Bretagne, de ce pays « au bord d’une mer sombre hérissée de rochers ». Il a un grand sens de la précarité et sa mort l’obsède : « Je peux mourir d’une minute à l’autre. »
Ce n’est pas un héritier. Il est parti de rien : pas d’argent, pas d’études, pas de réseaux. Il est devenu riche, l’une des grandes fortunes de la planète. « Sans parler d’argent, est-ce possible ? » Il est l’un des grands collectionneurs mondiaux d’art contemporain. Lui que rien ne prédestinait à « cette chose », est tombé amoureux à la perdition. Énigme.
Tous les collectionneurs vont au paradis.
Cet homme, c’est François Pinault. On l’appellera P…
Qu’est‐ce qu’une vie si on ne la raconte pas ?
Quelques hagiographes ont parlé de la réussite du personnage et de son destin fascinant. Nous, c’est à la figure de P… qui nous intéresse.
Ce projet est l’histoire d’une métamorphose. « Cette capacité que P… a eu de n’opposer aucune résistance inutile à la grâce ».
Un homme puissant se trouve devant l’oeuvre d’art où il pense pouvoir déchiffrer son propre passé, son propre destin et peut‐être l’annonce de son salut.
Immortalité ? vieillesse ? La collection n’est‐elle pas une « autobiographie d’œuvres réalisées par des artistes », un miroir pour créer la légende et la faire durer?
Pour la construire, P. s’entoure d’êtres exceptionnels : le Jean‐Paul II de la Nona Hora de Maurizio Cattelan qui se verra refuser un visite privée de l’exposition; les Grassi, « propriétaires » du lieu avec qui il est possible de se mettre à table entre ombres et murmures, pour évoquer héritages et collections; Peggy Guggenheim et surtout Casanova.
Ce Casanova fuyant Venise pour la France, pour l’Europe, et qui dans ses dernières années, se refusant à projeter sur sa vie l’ombre de son déclin, écrit son histoire. « La
mort est un monstre qui chasse du grand théâtre un spectateur attentif avant qu’une pièce qui l’intéresse infiniment soit finie.
»
La rencontre entre les deux hommes si différents et pourtant si proches ne pouvait se produire que dans la Sérénissime. Avec bagout et séduction, Casanova, cet autre collectionneur, ira jusqu’à promettre l’immortalité à P.

« L’arte mi appassiona perché è una forma di dialogo universale »

L’écriture

Pour écrire ce mouvement « Untitled – Nous sommes encore vivants !», je souhaite me nourrir de ce qui s’est fait dans le monde de l’art à partir des années 70. En clair, l’essentiel de la collection Pinault. Partir de ce moment où les artistes sont devenus des acteurs de l’espace et du temps, et où ils ont commencé à sortir du tableau pour monter sur scène et répondre aux sollicitations du présent : installations, performances, happenings …M’interroger sur les langages et les pratiques théâtrales d’aujourd’hui.
L’utilisation de la vidéo dans le spectacle en sera l’illustration.
J’avance donc, dans l’écriture de ce chantier « revolvers aux poings » recherchant en priorité la liberté d’esprit et de création. Pas de narration, ni de commentaires, ni de reconstitution mais des ombres et des murmures, des images et des empreintes, des éléments qui se frottent et provoquent des étincelles pour éclairer ce qui n’avait jamais été dit ou vu.
Et des rêves et des fantômes.
A leurs côtés, quatre figures vont hanter ce lieu : P…, Casanova, une jeune artiste « body Works » qui se met en jeu et un veilleur. Il parle italien.
Car ce travail sur les langues m’intéresse: gallo, français du XVIIIe, français business, anglais…
Connaissant Massimo et sa « géométrie », je sais qu’il est le « compère ‐ malfrat » le plus qualifié pour commettre avec moi ce holdup. Il connaît la langue et les lieux. Nous ne mettrons pas de masques.

Julien Simon

La mise en scène

Cher François,
Comme tu peux bien l’imaginer, avant de commencer une création, je me pose toujours la question du sens. Et surtout quand je pense à toi, je me dis : « Qu’est-ce qu’on peut encore dire sur lui ? » Parler d’argent ? De pouvoir ? De la Bretagne et de Venise ? Des artistes? Tout ça, je l’entends toujours sur toi. Et je ne me vois pas faire la énième critique de ces hommes riches. No!
Je vais essayer pour une fois, de passer quelques jours dans toi, de regarder le monde au travers de tes yeux et de ton cœur, de comprendre tes rêves, tes limites, tes intuitions, tes couleurs, tes rires, tes peurs, tes mots jusqu’au moment où l’on ne te reconnaîtra plus.
Parfois, comme tu t’en rendras compte, je te pousserai à changer de direction pour que tu te retrouves devant l’inconnu. Je chercherai à faire en sorte que tes rencontres ne soient pas toujours maîtrisées et surtout, que finalement, tu puisses acquérir ta dernière oeuvre. Toi-même. Oui, tu as bien compris.
Toi, tu sais bien que l’art contemporain et l’art en général, est un gouffre dangereux dans lequel, si nous sommes capables d’avancer avec toutes nos forces, nous trouverons tout au fond un grand miroir. Et que parfois, ce miroir nous reflète un autre visage. Donc, avant de rentrer dans ce gouffre, prépare-toi à tout…

Peut‐on travailler sur Lui ?
Oui, si l’on accepte la tentation d’aller vers, de tendre à être cet homme inconnu pour la psychologie et l’humanité bien‐pensante, cet homme qui détruit tout en lui car tout, absolument, tout doit être réinventé. Être en suspens. Possiblement, terriblement dangereux et inattendu. Mais l’acte subversif est avant tout un acte de la pensée; un acte
intérieur, ou virtuel, dans lequel on risque pourtant sa vie, mais non pas sa vie réelle, triviale, digestive, mais une vie encore bien plus réelle, cette vie onirique et consciente. Celle d’un être qui accepte de voir et de vivre toutes ses possibilités sans exceptions. Cette vie seule vaut la peine d’être vécue….

Turrel, Tellez, Shirin Nechat, Marina, Abramovic, Matthew Day Jeckson, Felix Gonzalez‐Torres, Lucio Fontana, Adel Abdessemed… Tous ces artistes nous accompagneront pour construire ce voyage trompeur. Avec eux, nous pouvons construire la modernité et cette expérience fugace et éphémère de la vie. Avec eux, nous partageons cette responsabilité que nous avons de capturer l’expérience et de l’exprimer dans les formes les plus disparates, suggestives, originelles. Pour qu’à la fin, notre corps puisse être oublié et que notre vie continue dans la postérité…

Massimo Dean

Dossier de presse

PDF - Dossier de presse

Les Soutiens
Région Bretagne – Conseil Général des Côtes d’Armor – Conseil Général d’Ille et Vilaine – Drac Bretagne –
Ville de Rennes – Phakt Centre Culturel Colombier – Scène conventionnée Le Carre Magique de Lannion –
Théâtre de l’Arpenteur – Itinéraires Bis – Théâtre du Champ Au Roy Guingamp – Théâtre du Pays de
Morlaix – Fondation Beaumarchais – ADAMI – Les Tombées de la nuit

Un projet de Julien Simon et Massimo Dean
Écriture Julien Simon
Mise en scène Massimo Dean
Jeu Eric Gerken – Pier Paolo Ravaglia, en cours…
Création Son Mikael Plunian

« Kali&co à travers les artistes qui la composent, pose comme objectif prioritaire l’univers théâtre — théâtre comme plaisir d’être sur le plateau et plaisir du jeu : la gourmandise des couleurs, des sons et des choix musicaux.

Kali&co reconnaît au sacré la capacité théâtrale de durer au-delà des idéologies plus récentes comme le fascisme ou le communisme.

Et en tant qu’hommes de théâtre, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur cela. Nous devons restituer le théâtre à Hercule et à ses travaux légendaires. Comme l’Ame de Platon, le théâtre a besoin de ses travaux pour se souvenir, pour restituer un corps ailé, sa propre fraîcheur d’origine ; la source moins domestique et plus sauvage.

L’écriture contemporaine est également essentielle pour Kali&co. L’association poursuivra par conséquent ses recherches en la matière. »

Massimo Dean

12 décembre 2017

Lecture du texte
« Un jour de pluie »
D’ascanio Celestini
Lycée Bréquigny-Rennes

24 et 25 novembre 2017

Gigot Love
Bukta Paktop
Bruxelles – Belgique

3 novembre 17 décembre 2017

Résidence de création
Projet Celestini – Tome 3
Lycée Bréquigny – Rennes

23 settembre 2017

Iliade.
Uno studio di eroi quasi invincibili
Arci Aur-Ora-Piccolo Teatro
Ora-Italia

7-8-9 juillet 2017

Gigot Love
Festival « Tombées de la nuit »
Rennes

02 juillet 2017

Gigot Love
Festival « Vent de Vilaine »
15h – Pont-Réan